Murs végétalisés : une enquête sur les modalités d’entretien

Olivier DamasPhilippe FauconFlorent GlatardOlivier Riaudel

La végétalisation de façade est une pratique encore récente. Très peu d’informations existent sur les différents procédés utilisés (cf encadré), l’installation et la maintenance - niveau et coût d’entretien - que requiert ce type de réalisation. Une enquête menée par Plante & Cité et le Critt horticole nous apporte des premiers éléments.

 

Figure 1 : Exemple de mur végétalisé sur nappe, de Patrick Blanc au Musée du Quai Branly à Paris - © O. Damas - Plante & Cité

Figure 1 : Exemple de mur végétalisé sur nappe, de Patrick Blanc au Musée du Quai Branly à Paris - © O. Damas - Plante & Cité

 

Les principales motivations à l’origine de la construction de ces jardins verticaux que sont les murs végétalisés sont souvent liées à des préoccupations d’image et d’esthétique plus qu’à d’autres critères. L’idée est généralement suggérée par le concepteur du bâtiment. L’émergence de la démarche HQE a également contribué à l’essor de la végétalisation de façade, cette technique permettant d’atteindre les objectifs de certaines cibles du référentiel. Un mur végétalisé extérieur représente un réel engagement financier, de l’ordre de 700 € HT/m². A titre de comparaison, le coût moyen d’un aménagement paysager urbain varie de manière générale de 35 à 200 € HT/m², selon la configuration du lieu et le niveau d’équipement de l’espace vert. De la même façon on peut comparer au coût moyen d’un revêtement de façade inerte, de 15 à 200€ HT/m² (de l’enduit au bardage), voire plus encore pour des revêtements plus sophistiqués. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le choix des végétaux ne doit pas se baser prioritairement sur des critères agronomiques. Un mur végétalisé est un système artificialisé dont on contrôle les paramètres de culture, tout particulièrement l’irrigation. Au-delà d’une cohérence assez globale en autécologie à trouver parmi les végétaux choisis (eau, luminosité, pH), la priorité du choix doit porter sur :
- La vigueur : à maintenir modérée, pour plus de diversité sur la surface et pour limiter les phénomènes de compétition et d’étouffement.
- Le port : des ports trop dressés ou retombants jouent davantage sur les surfaces d’occupation et la compétition entre végétaux.
- La persistance d’un intérêt ornemental durant toutes saisons (feuillage persistant, à défaut floraison, écorce et fructification décoratives en hiver). Au final, la gamme retenue comprend des ligneux à faible développement, des vivaces, des plantes grasses et des graminées. Pour la majorité des réalisations, une végétation multi-spécifique est installée (autour d’une vingtaine d’espèces différentes). Cette diversité favorise à terme, la persistance de la végétation. L’esthétique d’un mur végétalisé évolue avec les saisons. La saison hivernale est la moins satisfaisante en rendu. C’est une réalité peu connue qu’il faut communiquer et faire accepter par les usagers et les clients. Par ailleurs, la mise hors gel de l’irrigation est indispensable en hiver ce qui peut conduire à une mortalité des plantes, faute d’arrosage.

 

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2 thoughts on “Murs végétalisés : une enquête sur les modalités d’entretien”

  1. Article très intéressant! Qu’entendez-vous par “matériel spécifique pour l’accès”? Avez-vous plus d’informations concernant ce “matériel spécifique pour l’accès” et éventuellement des entreprises de maintenance? Merci!

    1. Bourdier Pierre l’entretien de ce type de murs demande parfois de devoir s’équiper pour accéder à toutes les parties du mur, comme un harnais de sécurité, des cordages etc. Certaines entreprises sont spécialisées dans ce type de travail car les zones d’intervention peuvent être difficiles d’accès (en hauteur, sur une toiture etc.).

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