Le compost

Sébastien Leroux

Le compost

Le compostage est un processus naturel complexe qui fait intervenir différents organismes vivants. Pour réussir un bon compost, il ne suffit pas de placer des déchets dans le composteur ou en tas en suivant une recette et de laisser le temps faire son œuvre. Les gestes du jardinier seront guidés par la connaissance des paramètres qui régissent le processus du compostage.

Il faut retourner le compost - © C. Secq

Quels sont les grands équilibres du compostage ?

Tous les déchets végétaux peuvent être compostés. Cependant, il sera important de veiller à l’équilibre en matière brune et matière verte pour avoir un rapport carbone / azote qui reste favorable à la dégradation par les microorganismes. Les matières carbonées sont apportées par la cellulose des déchets de bois et de tailles, la paille, les feuilles mortes, le carton. L’azote est apporté par les déchets verts et tendres comme les tontes de gazon. De même, une vigilance particulière est à accorder à la bonne aération du compost. Enfin, l’humidité doit rester constante et modérée.

 

Certains déchets végétaux doivent-ils être évités ? 

La majorité des guides de compostage déconseillent d’incorporer les peaux d’oranges au compost à cause de leur acidité et de la présence de pesticides à leur surface. Mais ce choix dépend de ce qui est attendu de la démarche.

Cette acidité des déchets d’orange, surtout de la pulpe d’ailleurs, pourrait ralentir le processus. Mais une diminution relative de la vitesse de dégradation des matières organiques n’est peut-être pas un réel problème, si tant est que la quantité d’orange reste relativement peu élevée par rapport au volume total de détritus mis au compost. On sait aussi qu’un peu de cendre de bois tamponnera facilement l’acidité.

Il convient aussi de relativiser la présence des résidus de pesticides dans le compost et la part des apports par ces épluchures d’agrumes. On sait d’une part que nos sols de jardins, même ceux des jardiniers biologiques, sont rarement indemnes de produits utilisés autrefois et qui sont très rémanents. D’autre part, de nombreux autres végétaux du commerce, fruits, légumes, fleurs, plantes vertes dont on composte les épluchures ou les déchets peuvent être plus ou moins souillés par des résidus. Faut-il acheter des oranges biologiques pour pouvoir en composter les écorces ? A chacun de se forger son opinion.

 

Que faire des plantes malades ?

Avoir des plantes malades au jardin est chose banale et somme toute naturelle. Le jardinier avisé s’efforce d’en maîtriser les inconvénients mais ne vise pas l’éradication, ce qui serait bien utopique dans la plupart des cas. Les résidus de taille, les feuilles mortes, les fanes, les fruits tombés peuvent être porteurs de maladies. Mais se priver de cette matière organique au compost serait bien dommageable pour l’environnement si c’est pour livrer ces déchets aux usines d’incinération des ordures ménagères, consommatrices de carburants non renouvelables et productrices de déchets finaux toxiques.

La montée en température créée par l’action des microorganismes à l’intérieur du composteur ou du tas de compost est souvent suffisante pour éliminer une bonne partie des pathogènes. Bien sûr, utiliser le compost produit ne sera pas pour autant sans risques de propagation des maladies aux zones ainsi fertilisées. Mais, ce risque est relatif, les contaminations se faisant souvent par le sol de la culture. C’est pourquoi le respect de la rotation des cultures est primordial.

 

Et pour les coques et les noyaux ?

On peut également s’interroger sur l’utilité de certains déchets pour le compost. Les coques et les noyaux sont constitués de bois souvent durs ; de ce fait, ils ne se décomposent que très lentement. Cependant, leur présence peut améliorer l’aération et le drainage du compost. Certaines coques se dégradent finalement assez vite : c’est le cas des amandes. Certains noyaux, comme ceux des olives, des cerises sont de si petite taille que leur présence dans le compost mûr ne posera aucun problème particulier.

Les jardiniers expérimentés recommandent d’éviter les noyaux de pêche et d’avocat, qui cumulent le défaut de la taille et de la lenteur de décomposition.

 

 

Retourner le compost - © C. Secq
Pourquoi composter ?

Deux raisons peuvent pousser à entreprendre cette démarche. D’une part, la conscience écologique, dans le but de diminuer le volume de déchets laissé à la collecte, et d’autre part, l’amélioration de la performance biologique du jardin par la production d’un amendement de qualité.

 


 

 

 

 

 

 

 


Cet article est une synthèse des réponses aux questions d'intérêt posées sur le service Hortiquid.
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JdF 618, juillet-août 2012

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