La grande famille des bambous : diversité et résistance

Les bambous font partie d’une grande famille répartie sur plusieurs continents. Il existe environ 1 500 espèces dans le monde qui sont très diverses en termes de tailles, de couleurs et de port. Cette diversité est précieuse pour les collectionneurs et passionnés mais aussi pour les nombreuses utilisations de ce matériau.

Phyllostachys nigra © Pixabay

Aspect botaniquedes bambous

Les bambous font partie de la famille des Poacées (ancien­nement appelée graminées). Ce sont des plantes monocotylédones. On distingue deux types de bambou en fonction de leur système racinaire : tout d’abord les bambous aux rhizomes traçants, appelés leptomorphes. Ils se développent à l’horizontale et croissent rapidement, ce qui leur permet de couvrir de grands territoires. Ces rhizomes produisent de nombreuses nouvelles pousses au printemps appelés turions (cf. photo suivante). Les bambous cespiteux, dont les rhizomes sont non traçants, forment, pour leur part, plutôt des touffes de bambous.

Les bambous ont la particularité de croître très rapidement et d’avoir une grande capacité d’adaptation environnementale. Les bambous leptomorphes peuvent coloniser de grandes étendues grâce à leurs rhizomes qui franchissent tous les obstacles. Les bambous cespiteux ont des tiges moins hautes et sont moins envahissants.

Tailles et couleurs variées

Les tiges des bambous sont appelées chaumes, elles peuvent croître d’un mètre par jour pour certaines espèces. Les feuilles, de taille variable, sont petites chez les Arundinaria argenteostria ou plus grosses chez les Arundundinaria Ragamowskii. Elles ont en commun les nervures parallèles et la forme allongée. Le feuillage des bambous est persistant, un avantage esthétique apprécié dans les jardins comme sur les balcons et terrasses. Les chaumes des bambous sont aisément reconnaissables aux nœuds qui marquent régulièrement d’un anneau leurs tiges creuses. Les entre-nœuds peuvent être plus ou moins longs et de différentes couleurs, allant du jaune (Phyllostachys aurea) au noir (Phyllostachys nigra, photo ci-dessus) en passant par différents tons de vert voire de gris (Phyllostachys nidularia).

La floraison des bambous est rarement observable, néanmoins, lorsqu’elle survient, les fleurs sont semblables aux épis des céréales. Leurs étamines dépassent et la pollinisation est anémophile (assurée par le vent). Une fois la fleur fécondée, les graines tombent à terre et se sèment au sol au niveau du pied mère. La production de graines affaiblit souvent la plante qui peut en mourir.

La multiplication des bambous se fait donc le plus souvent par bouturage d’un rhizome pour les bambous leptomorphes ou par division de touffe pour les bambous cespiteux.

Turion ayant traversé une couche de goudron © Jardiner Autrement

Histoire et phylogénie du bambou

Les bambous sont actuellement présents sur tous les continents : Amérique du Sud, Amérique du Nord, Asie et Europe (seul territoire où il n’est pas endémique) et recouvrent 32 millions d’hectares dans le monde. Il existe des liens de parenté entre des espèces endémiques de continents éloignés. C’est en Asie et en Amérique du Sud qu’est observée la plus grande diversité d’espèces. Le bambou y est cultivé pour ses nombreuses utilisations traditionnelles. Les chaumes sont utilisés entre autres dans les constructions, récoltés entre trois et cinq ans, ils allient résistance à la charge et souplesse. L’importance économique et sociale du bambou est telle en Asie qu’il arrive juste après le riz (source : FAO) (cf. article « Les bambous de construction, de tout temps à jamais ! »).

On distinguera trois grands groupes de ligneux chez les Bambusoideae :

  • Les Arundinarieae (bambous ligneux tempérés, 546 espèces) ;
  • Les Bambusaeae (bambous ligneux tropicaux, 812 espèces) ;
  • Les Olyreae (bambous non ligneux tropicaux, 124 espèces).
  • Les Bambusaeae et les Olyreae sont plus proches phylo­génétiquement bien qu’il s’agisse de bambous ligneux et non ligneux et que les Bambusaeae et les Arundinareae aient beaucoup de caractères en commun.

Les bambous au jardin et en pots

Le choix de l’espèce de bambou est très important, notamment au jardin. Au-delà de l’esthétique recherchée, il s’agit d’anticiper le développement du bambou. L’espace disponible et l’effet recherché (brise vue ou faible hauteur) doivent être des facteurs à prendre en compte avant le choix de la variété pour ses caractères phénotypiques. Des dispositifs de limitation d’expansion des rhizomes existent (barrières, géotextiles) mais il est très difficile de contenir les rhizomes des bambous leptomorphes.
Les bambous sont très robustes et peu sensibles aux ravageurs. En revanche, ils peuvent être sensibles aux facteurs abiotiques. Certaines situations, liées à l’entretien, comme le manque d’arrosage ou au contraire des racines continuellement dans l’eau, peuvent aboutir à la mort du bambou. Le gel ou le manque d’amendement peuvent aussi diminuer l’esthétique de cette plante. Les bambous supportent bien la taille qui permet de les faire repartir, d’étoffer le feuillage et de réguler la hauteur.
Les feuilles des bambous peuvent être attaquées par les araignées rouges ou les pucerons. Dans les jardins, cultiver des espèces végétales variées permet d’accueillir les auxiliaires qui viendront réguler naturellement ces insectes ravageurs.

De nombreuses espèces de bambous telles que les Phyllosasa ou les Semiarundinaria sont parfaitement adaptées à la culture en pot, offrant sur les balcons et terrasses un brise-vue naturel et esthétique. L’arrosage ne doit pas être négligé. Dans un contenant percé, les bambous doivent être arrosés régulièrement et le feuillage vaporisé, notamment lorsque l’environnement est très sec. Ces végétaux apprécient un amendement en surface à l’aide de compost ou de terreau enrichi.