Des fleurs à couper dans le potager, à nouveau très tendance !

Historiquement, les potagers situés dans un environnement paysager (château, grand parc, domaine, résidence…) possédaient tous des carrés de fleurs à couper, souvent autour ou mêlés à l’univers légumes. Cette pratique était aussi très répandue dans les milieux les plus modestes. « Je revois toujours ma grand-mère revenir du potager avec des brassées de fleurs pour les répartir dans des vases et égayer la maison. C’était dans les années 1950 ! »

Le coin fleurs du potager du château de Miromesnil © J.-M. Muller

Aujourd’hui, cultiver des fleurs coupées dans son potager est redevenu pratique courante. Depuis vingt-quatre ans que le Concours national des jardins potagers* existe, la plupart des candidats évoquent la présence des fleurs. Son formulaire de candidature prévoit cette question en demandant de lister les variétés présentes (voir encadré sur l’analyse des résultats sur les cinq dernières années). Si, autrefois, la démarche était plutôt esthétique, l’évolution des pratiques de jardinage plus respectueuses de l’environnement a amené les jardiniers à associer légumes et fleurs dans une optique de « compagnonnage ». Il y a de multiples motivations dans cette présence fleurie : attirer les pollinisateurs, créer des symbioses, aider à la présence de prédateurs contre des ravageurs, favoriser la biodiversité et être une source d’inspiration pour la décoration des intérieurs. Et quel bonheur de rapporter des bouquets de fleurs au domicile, ou de les offrir autour de soi !

Souci et bleuet offrent leurs vives couleurs © B. Patry

Mes coups de cœur

« Personnellement, j’ai toujours cultivé des dahlias, des tournesols et des glaïeuls, qui étaient les fleurs préférées de ma grand-mère avec les marguerites. Voici quelques-uns de mes coups de cœur… »
Son autre nom de « soleil », car la fleur tourne sur elle-même selon l’orientation de cet astre, est particulièrement significatif de l’ambiance que le tournesol met dans le potager comme dans la maison. Outre son aspect esthétique, ses imposantes fleurs attirent bourdons, abeilles domestiques et autres insectes pollinisateurs. En fleurs coupées, elle permet de composer de très beaux bouquets décoratifs et imposants.

La marguerite fleurit durant tout l’été. Elle peut mesurer jusqu’à un mètre de hauteur pour les plus grandes, avec des inflo­rescences de 10 à 12 cm de diamètre. Il faut la semer au printemps. C’est une fleur rustique de culture facile, voire spontanée, qui aime les sols bien drainés et une exposition ensoleillée. Elle se décline en de nombreuses variétés horticoles de tailles et de couleurs différentes.

Au jardin, comme en vase, la pivoine herbacée se singularise par la beauté de ses fleurs. Il convient de lui réserver une exposition ensoleillée. Elle s’adapte à tous les types de sol riches en matière organique et plutôt légèrement acides. Sa floraison est optimale de fin avril à juillet. Il en existe environ 1 000 variétés.

Potager de Cathy Babau, Grand Prix catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2018 et 2024. Le Pradal, Hérault © SNHF - section potagers et fruitiers

D’autres fleurs à couper faciles à cultiver

Le rudbeckia est une vivace aux fleurs d’un jaune lumineux parfaite en fleurs coupées pour égayer la maison. Il produit tout l’été et demande un arrosage régulier pour assurer une floraison continue.

De culture facile aux couleurs variées et attrayantes, le chrysan­thème permet de constituer de beaux bouquets à l’automne.

Le cosmos est une annuelle qui apprécie une situation chaude et ensoleillée. Les variétés hautes sont à placer si possible à l’abri du vent. « Je les sème directement en mai, souvent en mélange avec d’autres fleurs mellifères. » Les couleurs varient du rouge au jaune, du violet au blanc.

Les soucis, ou Calendula, fourniront des bouquets courts pour les décorations de table, outre les multiples usages de cette fleur.
Et aussi, on pourra penser à la tulipe, la nigelle de Damas, aux œillets, au lilas

Enfin, n’omettons pas la rose, qui reste la fleur préférée des Français, dont le symbole est lié à l’amour.

L’arum blanc, une plante facile à vivre © G. Février

Les coups de cœur des lauréats du Concours

Trois lauréats du Concours national des jardins potagers partagent leur choix. Sans surprise, il y a un lien (parlons de « transmission ») qui revient : mes parents ou mes grands-parents cultivaient telle ou telle fleur… En fait, au-delà de ces quelques exemples, ce rappel aux pratiques des anciens transmises de génération en génération revient très souvent dans les dossiers du concours.

« L’arum blanc, magnifique plante d’environ 60 cm de hauteur, est facile à vivre ! C’est une vivace rhizomateuse originaire d’Afrique du Sud qui préfère, dans le Midi, une situation légèrement ombragée. Sa floraison est abondante jusqu’aux premières chaleurs. Un sol humide et riche favorise la production de fleurs et attire beaucoup d’insectes pollinisateurs. Ces élégantes durent de nombreux jours dans un vase et donnent une allure d’exotisme à mon salon. J’apprécie aussi l’hellébore (rose de Noël) qui produit de très nombreuses fleurs lorsqu’il fait froid et que le jardin est un peu au repos. Elle supporte tout : le froid et même le gel. Un sol frais, fertile, un peu argileux mais bien drainé et riche en matières organiques lui sera favorable. Elle donne une multitude de superbes fleurs. Celles-ci forment de ravissants bouquets qui enchantent mon intérieur très longtemps…

Ces fleurs sont également pour moi une source d’inspiration artistique. »

Cathy Babau, Grand Prix catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2018 et 2024.

La marguerite (Leucanthemum vulgare) peut se cultiver pour donner une note sauvage aux bouquets © J.-M. Muller
Potager de Bernard Patry, Grand prix Catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2019. Pisany, Charente-Maritime © SNHF - section potagers et fruitiers

«  Les fleurs ont toujours fait partie du potager de mes parents et j’ai continué cette pratique, qui a été largement amplifiée par ma femme.

Concernant les fleurs à couper, la première que je citerais est le zinnia. Je le semais au printemps en même temps que les tomates pour le repiquer un peu partout entre les légumes. Depuis quelques années, je ne le sème plus car il repousse spontanément au printemps et je n’ai plus qu’à choisir les plus beaux plants. Les zinnias fleurissent de juillet aux gelées et attirent bon nombre d’insectes. Ils tiennent très longtemps en vase.

J’aime bien aussi les glaïeuls, que j’ai vus toute mon enfance dans le jardin familial. Ma mère en plantait un rang de 50 mètres et revenait du jardin avec des bouquets énormes pour fleurir la maison ou pour offrir. Cette fleur ne demande pas beaucoup de soins, elle embellit le potager et fait de très jolis bouquets. »

Bernard Patry, Grand prix Catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2019.

Le dahlia, un grand classique pour de beaux bouquets © J.-M. Muller

« Le dahlia est une fleur facile à cultiver. Elle offre une large gamme de couleurs et de formes, ce qui permet de les associer à un massif ou de les utiliser pour créer des bouquets. La fleur tient en vase une dizaine de jours à condition de renouveler l’eau. Le dahlia peut être obtenu par semis, mais c’est sous la forme de tubercules qu’on obtient les plantes les plus vigoureuses.

À mettre en terre à 15 cm de profondeur et distant de 50 cm en mars-avril pour obtenir des fleurs de juin-juillet jusqu’aux gelées. La préparation d’un sol riche avec une bonne fumure est nécessaire. Le dahlia demande également beaucoup d’eau. La plante est résistante aux maladies. Attention toutefois aux limaces et aux pucerons au printemps. Pour obtenir de grosses fleurs, on peut pincer les boutons latéraux qui poussent à la naissance des feuilles.

Dès les premières gelées, coupez les tiges. Vers la mi-novembre, déterrez les tubercules, stockez-les dans un endroit à l’abri de la pluie et des gelées et poudrez-les avec de la fleur de soufre pour éviter le pourrissement. »

Gilles Février, Grand Prix catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2024. Bouvignies, Nord

Potager de Gilles Février, Grand Prix catégorie 1 « jardins potagers privatifs » en 2024. Bouvignies, Nord © SNHF - section potagers et fruitiers
Le zinnia, une fleur qui tient longtemps en vase © B. Patry

STATISTIQUES : Présence des fleurs à couper au potager

Analyse de 100 dossiers de candidats au CNJP de 2020 à 2024 (cinq ans) catégorie 1 : jardinier amateur cultivant un jardin potager privatif pour le besoin personnel et familial.

Fleurs les plus citées (en pourcentage)

Le tournesol (Helianthus annuus) offre une variété de couleurs © J.-M. Muller