Mélanges de gazons : demandez la qualité, choisissez les labels
La pelouse, ce n’est pas de l’herbe ! Les sélectionneurs gazon ne cessent d’améliorer les variétés pour qu’elles répondent mieux aux multiples utilisations dans les jardins, espaces verts et terrains de sport. Finesse, densité, couleur, résistance au piétinement… mais aussi meilleure tolérance aux nouvelles exigences environnementales, comme un moindre besoin en eau.
Pour faire le bon choix, le Label rouge et le label Pelouse Éco Durable sont la solution.

Avoir un beau gazon, tous les Français en rêvent. Selon une récente étude (BVA Semae 2023), près de 70 % disposent d’une pelouse ou surface enherbée. Ils reconnaissent ses vertus écologiques, esthétiques et de confort de vie. Ils disent aimer et choyer leur gazon, mais la grande majorité d’entre eux (59 %) ne connaissent aucune des espèces qui le composent. Trop nombreux, malheureusement, sont les jardiniers qui se laissent tenter par les promotions régulières sur les rayons de jardineries : « rustique », « grand standing », « anglais »… sans prêter attention à la nature du mélange. Très très minoritaires sont les connaisseurs, qui s’intéressent aux espèces et variétés, et vont raisonner leur choix.
Le choix des mélanges est primordial
Le gazon est un mélange précis de variétés de certaines espèces de graminées, retenues sur la base de nombreux critères. Pour réussir son implantation, il est nécessaire et indispensable de choisir son mélange en fonction du sol, des conditions de semis, de l’utilisation souhaitée et des soins apportés par la suite. L’utilité des mélanges est évidente, chacune des graminées possède des caractéristiques propres et c’est en les associant que l’on pourra cumuler les atouts de finesse, résistance au piétinement, à la sécheresse, aux maladies…
En France, le conditionnement des mélanges est soumis à une réglementation très stricte. Les espèces et variétés doivent être inscrites au Catalogue officiel des variétés de graminées à gazons. Chaque année, sont introduites des nouveautés qui présentent de réelles améliorations, elles ont demandé entre dix et quinze années d’expérimentation et d’évaluation, avant d’être mises sur le marché.
La sélection commence par la recherche des meilleurs parents. Les obtenteurs disposent de banques de semences provenant du monde entier et conservées soigneusement. Plus de 2 000 cultivars peuvent être étudiés avant de retenir un seul parent. Après croisement, les variétés sont observées en parcelles d’essais durant deux ou trois ans, puis triées et évaluées avec des tests officiels, pendant au moins sept ans, et en plusieurs endroits, sous différentes conditions climatiques.

Privilégier les variétés récentes
Les deux espèces les plus utilisées en gazon sont le ray-grass anglais et la fétuque rouge, traçante, demi-traçante et gazonnante. Ensemble, elles représentent 70 à 80 % des quantités de semences conditionnées en mélange. Le ray-grass anglais présente l’avantage de s’installer rapidement et de bien résister au piétinement. On peut reprocher aux anciennes variétés leur feuillage un peu grossier. Les nouvelles inscrites cumulent à la fois la finesse et la densité. Et les types tétraploïdes spécifiques à l’usage gazon ont apporté une nette amélioration sur la résistance à la sécheresse.
La fétuque rouge se caractérise par un feuillage fin, une pousse faible et une bonne pérennité. La traçante, d’installation rapide, est la moins fine. Au contraire, la gazonnante se remarque pour sa finesse (parfaite pour les greens de golf !), mais comme la demi-traçante, elles mettent plus de temps à s’installer.
Autre espèce majeure, la fétuque élevée se montre polyvalente. C’est grâce au travail des sélectionneurs que cette plante autrefois strictement « prairiale » a réussi à se faire indispensable dans les gazons. Elle présente l’énorme avantage de résister au stress hydrique, que ce soit l’humidité extrême ou la sécheresse. En plein été, alors que les ray-grass commencent à souffrir, la fétuque élevée peut sauver la pelouse du jaunissement. C’est dire, encore une fois, combien les mélanges d’espèces sont intéressants.
Des espèces secondaires bien utiles
Parmi les espèces secondaires, le pâturin des prés, à feuillage un peu grossier, est surtout utilisé pour les terrains de sport, car il résiste bien au piétinement. Son point faible était sa sensibilité à la rouille, les nouvelles variétés sont plus résistantes. La fétuque ovine, à feuilles très fines, produit un gazon bien dense et fourni, de très bel aspect. Comme les fétuques rouges, elle est à privilégier pour les gazons d’ornement, pas trop piétinés. Citons encore l’agrostide ténue, qui est capable de pousser densément, mais résiste moyennement au piétinement et, surtout, ne supporte pas bien le manque d’eau. En cas de températures élevées, le Cynodon dactylon peut venir sauver les gazons de la sécheresse. Cette espèce d’origine tropicale est de plus en plus plébiscitée, en particulier dans les régions méridionales… et aussi plus au nord, du fait du réchauffement climatique.

Savoir concocter les meilleures compositions
Les mélanges gazons demandent savoir et technique. Pour le conditionneur, l’enjeu est de trouver le bon équilibre et la juste complémentarité, en fonction de l’usage de la pelouse souhaité. Pour le jardinier, comme pour le responsable d’espaces verts, la solution est de faire confiance aux labels.
Le Label rouge gazons est né en 1987, à l’initiative de l’association Progazon, qui est depuis une section de la Société française des gazons (voir encadré ci-dessous), et qui s’attache à promouvoir les gazons de qualité. Cette marque de qualité distingue, en fonction de l’utilisation, les meilleures associations de graminées présentant des caractéristiques appropriées. Le contrôle est assuré par un organisme certificateur indépendant, le Certipaq, en complément du Service officiel de contrôle et de certification des semences et plants (Soc). Ce Label rouge gazons a la particularité d’être le premier attribué à un produit non alimentaire. Il est aussi hypersélectif. Seules les variétés les plus performantes sont admises dans les compositions Label rouge. Le jugement se fait sur la base des notes obtenues lors de l’inscription au Catalogue officiel français, des notations rigoureuses effectuées par le Comité permanent de la sélection (CTPS). Les experts prennent en compte l’ensemble des critères modulés en fonction de l’usage prévu. Deux types de mélanges sont proposés : « sport et jeux » pour garantir la résistance au piétinement et la régénération rapide, et « détente et agrément » pour offrir un bel aspect esthétique conjuguant densité, finesse et un faible entretien.

Une valeur sûre, la marque Pelouse Éco Durable
Plus récemment, en 2011, pour répondre aux préoccupations environnementales sur la consommation en eau, l’utilisation d’engrais, ou encore la réduction des déchets de tonte, l’association Progazon a lancé la marque collective Pelouse Éco Durable. Comme pour le label rouge, les variétés sont choisies bien sûr pour leurs performances, en examinant leurs notes « d’inscription » au Catalogue. Mais pour ce label, seules seront retenues les associations variétales qui répondent aux trois critères d’économie d’eau, de fertilisation modérée et de réduction de déchets de tonte. Un règlement technique très précis a été mis en place, avec un cahier des charges qui explicite les obligations, tant en termes de contenu que de mentions sur l’emballage. Trois usages sont actuellement considérés : standard, terrain sec et terrain de sport. En choisissant ces mélanges, on est sûr de faire le bon choix !
La SFG, véritable académie des gazons
La Société française des gazons (SFG) est née en 1984. Elle est l’émanation de la section gazons au sein de la Société nationale d’horticulture de France (SNHF). Elle est une association indépendante, ayant la particularité de regrouper tous les représentants de la filière, aussi bien les utilisateurs que les distributeurs de semences, les fabricants de matériels ou des concepteurs de terrains de sport.
En 1997, l’association Progazon, constituée en 1986, crée le Label rouge. Depuis 2019, la gestion de ce Label rouge a été reprise par l’association Excellence végétale*, dont la section « gazons », nouvellement créée, travaille en étroite collaboration avec la SFG.
Ensemble, la SFG et Progazon (qui a pris la forme désormais d’une section de la SFG) ont pour première préoccupation de développer les actions en faveur des gazons, et notamment de diffuser les connaissances et renforcer la notoriété des labels, auprès des particuliers, comme des professionnels.
gazonsfg.org
* Excellence végétale est l’association en charge de gérer, animer, défendre et promouvoir l’ensemble des signes officiels et interprofessionnels de qualité, d’origine et d’écoresponsabilité, pour la filière de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage.