Une nouvelle génération de variétés de pommes tolérantes à la tavelure

Il est peu de plaisirs comparables à celui de croquer dans une bonne pomme ou de goûter une part de tarte. Pourtant, qu’ils soient du jardin ou cultivés, les pommiers sont sensibles à de nombreuses maladies, dont la tavelure. Heureusement, les nouvelles variétés développées présentent une meilleure tolérance.

Pommes de la variété “Querina florina”. Il s’agit d’une obtention Inra, résistante à la tavelure © Inra

 

Les variétés de pommier cultivé sont sensibles à un grand nombre de bioagresseurs qui nécessitent surveillance et application de produits phytosanitaires. La tavelure est la maladie la mieux connue et la plus répandue. Elle est provoquée par le développement du champignon parasite Venturia inaequalis (cf. encadré n° 1).

 

Quelles solutions pour le jardinier amateur ?

Le jardinier amateur doit intervenir avec des produits préventifs peu agressifs à base de cuivre, comme la bouillie bordelaise, voire le soufre mouillable qui a une action préventive mais aussi curative sur les très jeunes taches de tavelure. Certes, la tavelure n’est pas le seul souci du jardinier car le puceron cendré et le carpocapse représentent les deux ravageurs les plus préoccupants. Il faut donc, avant de prévoir la plantation de pommiers, bien choisir la variété qui nécessitera moins de traitements tout en produisant des fruits de qualité. Quel est l’assortiment variétal en jardinerie mis à la disposition de l’amateur ? Les variétés sensibles à la tavelure telles ‘Golden Delicious’, ‘Gala’ ou ‘Granny Smith’ peuvent nécessiter, en fonction des conditions climatiques, plusieurs interventions à base de cuivre ou de soufre. Toutefois, certaines variétés anciennes présentent une moindre sensibilité à la tavelure, par exemple ‘Reine des Reinettes’, ‘Reinette Grise du Canada’ ou ‘Reinette Clochard’. Parmi les variétés de ce type obtenues plus récemment, signalons les variétés ‘Akane’ et ‘Melrose’.

Encadré n° 1 : Le cycle biologique du champignon parasite Venturia inaequalis, agent de la tavelure du pommier - schéma P. Expert, d'après G. Agrios, 1978.

Le champignon parasite, déjà présent sur les feuilles, continue à se développer après leur chute au sol, se reproduit et émet au printemps les ascospores, résultant de la recombinaison génétique et donc au pouvoir pathogène diversifié. Elles sont projetées sur les jeunes feuilles au printemps : c’est la contamination primaire. Elle sera suivie de contaminations secondaires par génération de conidies qui contamineront aussi les fruits. L’enlèvement des feuilles tombées au sol est une bonne façon de réduire, voire d’éliminer, les contaminations primaires.

Le gène Vf, une avancée majeure en termes de résistance

Taches et déformations sur une pomme Gala Tenroy dues à la tavelure © Frédérique Didelot-Inra

Le siècle passé a vu une avancée majeure en termes de découverte de résistances contrôlées par quelques gènes dominants, dont le gène Vf, permettant une sélection relativement facile d’hybrides « résistants » à la tavelure, sélectionnés ensuite pour leurs autres qualités agronomiques, dont la production et la qualité des fruits. Leur mode d’obtention est explicité en prenant l’exemple de la variété ‘Ariane’ obtenue par l’Inra. L’origine du gène Vf est expliquée dans un précédent article de Jardins de France (1*). Il existe donc une nouvelle génération de variétés de pommes tolérantes à la tavelure, plus faciles à conduire que celles couramment connues par le consommateur et habituellement plantées au jardin.

Le nombre de ces nouvelles variétés obtenues par plusieurs sélectionneurs du secteur public ou privé, français ou étrangers, toutes porteuses du gène de résistance Vf, ne cesse de s’accroître chaque année (cf. encadré 2 : 3e groupe des variétés résistantes ou tolérantes).

Certaines de ces variétés sont accessibles en jardinerie. Le tableau n° 1 indique brièvement quelques-unes des caractéristiques de ces variétés tolérantes à la tavelure porteuse du gène Vf, ainsi que leur mode de commercialisation. Pour en savoir plus, un dossier du CTIFL (cf. Pour en savoir plus) présente d’autres caractéristiques, dont la qualité gustative de certaines de ces nouvelles variétés mises à disposition du jardinier.

Les sites des éditeurs privés de ces variétés (Dalival et les Pépinières et Roseraies G. Delbard) permettront d’affiner le choix de l’amateur et de trouver les variétés recherchées dans la jardinerie la plus proche (il est à noter la possibilité d’achat en ligne et de livraison à domicile de plants à racines nues auprès des Pépinières G. Delbard).

Encadré n° 2 : Groupes de variétés de pommes selon leur sensibilité à la tavelure

Yves Lespinasse et Daniel Veschambre
Membres du comité de rédaction de Jardins de France

POUR EN SAVOIR PLUS

Le point sur les nouvelles variétés de pommes – les reconnaître pour mieux les apprécier et les valoriser – CTIFL, n° 34, mars 2018.

(1*) https://www.jardinsdefrance.org/ pollinisations-controlees-cours-de-creation-varietale/

 

TABLEAU N° 1 : LES VARIÉTÉS PORTEUSES DU GÈNE VF, TOLÉRANTES À LA TAVELURE, PROPOSÉES AU JARDINIER

* PRI (États-Unis) est un programme développé par les Universités de Purdue, Rutgers et Illinois. L’éditeur des variétés résistantes à la tavelure est PRF (Purdue Research Foundation).

–  Dalival : arbres en conteneur chez les revendeurs en jardineries. www.dalival.com

– La pépinière Minier livre les jardineries www.pepinieres-minier.fr

– Pépinières Georges Delbard :

  • arbres à racines nues : les amateurs peuvent commander en plusieurs formes (du scion au U double) sur le site www.georgesdelbard.com ou sur catalogue (livraison de mi-octobre à avril) ;
  • arbres en conteneur : chez les revendeurs en jardineries, Delbard, Gammvert, Botanic, Truffaut, Jardiland…

–  Novadi SARL : www.cepinnovation-novadi.com