Les plantes grimpantes au potager : une cascade de bénéfices

Atouts majeurs pour le potager, les grimpantes permettent d’optimiser l’utilisation de l’espace, mais également d’améliorer la biodiversité.

Quelques conseils permettront toutefois de maximiser les bénéfices qu’elles offriront.

Des courges sur une pergola permettront d’exploiter la dimension verticale du jardin © A. Lagnier

Les plantes grimpantes représentent un atout majeur pour le potager. Leur capacité à exploiter la dimension verticale permet de maximiser l’utilisation de l’espace tout en créant des microclimats favorables à la croissance des autres plantes. En choisissant judicieusement les espèces et en les associant de manière stratégique, on peut améliorer la biodiversité, protéger les cultures sensibles et enrichir le sol. Par ailleurs, ces plantes apportent une touche esthétique indéniable et contribuent à la durabilité du jardin en réduisant les besoins en eau et en limitant certaines adventices.

La plantation et le semis de plantes grimpantes s’inscrivent également dans la démarche de densification des surfaces. En effet, ces plantes exploitent la dimension verticale, souvent négligée. Elles colonisent les hauteurs tout en occupant très peu de surface au sol. Dans un potager ou un jardin d’agrément, chaque espace peut être utilisé : un mur de maison, une clôture, un grillage, une tonnelle, une pergola…

Connaître les plantes grimpantes avant de les installer au potager

Il existe une très grande variété d’espèces de plantes grimpantes. Pour exploiter pleinement leur potentiel, il est crucial de les distinguer et de comprendre comment elles grimpent, car elles ont souvent besoin d’un support pour éviter de s’affaisser.

Les plantes grimpantes nécessitent souvent des treillis, des tuteurs ou des filets pour pousser correctement. Les structures de support doivent être robustes et adaptées à la taille et au poids des plantes.

Pergolas au potager et glycines apportent une touche esthétique indéniable et contribuent à la durabilité © T. Rofidal

Installer des plantes grimpantes au potager

Pour limiter les excès du climat

Dans un potager, il est utile de créer différents microclimats. Les plantes grimpantes sont de précieuses alliées pour atteindre cet objectif. Certains légumes, comme les haricots ou les cucurbitacées, peuvent être palissés, en association avec des plantes grimpantes décoratives et mellifères. Ces végétaux filtrent les rayons du soleil aux heures chaudes de la journée, limitant ainsi les brûlures des fleurs, des feuilles et des fruits. Pour que les effets d’ombrage soient bénéfiques, il est important de position­ner les plantes en fonction de l’orientation du soleil et de veiller à ce qu’elles ne soient pas trop compactes.

L’air doit circuler pour limiter les risques de maladies et laisser filtrer la lumière sans entrer en concurrence racinaire avec les plantes potagères situées à proximité. Parmi les plantes annuelles, citons les pois de senteur et les haricots à rames. Du côté des espèces vivaces, la vigne de table, la passiflore ou le jasmin forment de bons choix. En plus de leur capacité à fournir de l’ombrage, ces plantes peuvent aussi servir de « brise-vent » et contribuer ainsi à la réduction de l’évaporation du sol.

Vigne sur pergola © V. Salogne
Bourdon sur chèvrefeuille © AdobeStock

Pour favoriser la biodiversité

Face au changement climatique, il est primordial de préserver la biodiversité dans les jardins. L’installation de plantes grimpantes peut servir de refuge aux auxiliaires et fournir des sources de nourriture. À l’inverse, certains végétaux sont attrayants pour les ravageurs et peuvent servir de piège naturel. Leur efficacité joue principalement comme plante relais, c’est-à-dire qu’elles permettent le développement d’auxiliaires (prédateurs et parasitoïdes) qui vont, dans un deuxième temps, pouvoir se déployer sur les autres foyers de pucerons.

Les plantes mellifères offrent nectar et pollen aux pollinisateurs qui, en contrepartie, polliniseront de nombreuses cultures au potager. Un des critères pour le choix des végétaux est la période de floraison. Assurer une longue période de floraison allant de mars à novembre permet de fournir une nourriture en continu aux insectes auxiliaires. Le chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium), dont la floraison intervient tôt au printemps, fournit la première source de nourriture pour les insectes émergeant à la sortie de l’hiver.
En pleine saison, la glycine ou le jasmin officinal prennent le relais, suivis par le lierre avant l’hiver.

Les « trois sœurs », ou Milpa, est une association dans laquelle les plants de maïs servent de support aux haricots grimpants tandis que le feuillage des courges, qui couvre le sol, limite les adventices et retient l’humidité © Jardiner Autrement

Pour des associations bénéfiques

Les associations de partage optimisent l’utilisation du sol au jardin en cultivant des plantes aux exigences similaires, mais aux durées de culture différentes. Par exemple, les haricots à rames peuvent être associés avec des salades. Les haricots, appartenant à la famille des fabacées, protègent les salades des coups de chaud et fixent de l’azote atmosphérique (nodules sur les racines avec les bactéries du genre Rhizobium), excellent précédent pour des cultures friandes en cet élément.

Une autre association bien connue est celle des « trois sœurs » ou Milpa. Elle est utilisée traditionnellement par les com­munautés autochtones d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale. Les plants de maïs servent de support aux haricots grimpants. Les courges, quant à elles, étalent leur large feuillage sur le sol, créant un paillis qui limite fortement la croissance des mauvaises herbes et retient l’humidité.

En jouant avec la hauteur et la densité de feuillage, les plantes grimpantes peuvent réduire les populations d’adventices. En empêchant la lumière de pénétrer jusqu’au sol, elles peuvent inhiber la germination des graines de certaines adventices. De plus, les racines des plantes grimpantes contribuent à améliorer la structure du sol en augmentant sa porosité et son aération, ce qui favorise une meilleure infiltration de l’eau et une croissance optimale des racines.
Enfin, mettre des plantes « coureuses » comme les concombres ou les melons sur des supports permet à la fois de gagner de la place, mais aussi éviter certains problèmes qui peuvent survenir lorsque les fruits reposent sur le sol : perforations des larves de taupins sur les melons à l’approche de la maturité, contamination par des champignons telluriques.

Finalement, nous voyons que, de toute évidence, l’intégration des plantes grimpantes dans un potager optimise l’espace tout en permettant une certaine amélioration de la santé et de la productivité du jardin.