Le haricot à rames : la plante grimpante historique

Aujourd’hui, nous classons habituellement et schématiquement les haricots, Phaseolus vulgaris, en deux catégories selon leur mode de développement : les haricots nains, qui se présentent sous forme de touffes, et les haricots à rames, qui en sont la version grimpante.

© coopérative du haricot tarbais
ROBINET_olivier(c)2018

La domestication de Phaseolus vulgaris pour ses grains a débuté il y a près de 8 000 ans de façon indépendante au Mexique et dans les Andes méridionales ; puis la culture s’est diffusée dans toutes les Amériques (nord, centre et sud). De manière usuelle, on sépare les pools génétiques des haricots mésoaméricains à petites graines et ceux des haricots andins à grosses graines. Le haricot est une des rares cultures ayant fait l’objet d’une domestication multiple alors que, le plus souvent, il n’y a qu’un événement de domestication, comme pour le maïs ou le riz. La forme sauvage est une plante grimpante (croissance indéterminée) qui a besoin d’un support lui permettant de satisfaire ses besoins en lumière. Les tiges sont initialement diageotropes (croissance des tiges à angle droit par rapport à la force de gravité). Ce n’est qu’au contact d’un support potentiel qu’elles grimpent.

Il est clairement établi que le système de culture, appelé « trois sœurs », à savoir haricot, maïs et courge, était utilisé par de nombreuses tribus agricoles amérindiennes. Les haricots fournissent des composés azotés aux autres plantes en fixant l’azote ainsi que des protéines végétales aux humains. Le maïs fournit des tiges pour le haricot grimpant et la courge offre un abri protecteur pour garder le sol humide et contenir les mauvaises herbes. La sélection des haricots non grimpants s’est faite dans les zones amérindiennes ne cultivant pas le maïs.

Le haricot à écosser (à parchemin), découvert par Christophe Colomb, s’est déployé au travers de l’Europe au cours du XVIe siècle. Il y a eu des introductions multiples avec les différents modes de développement (grimpant et nain). Le haricot vert, lui, est beaucoup plus récent. Il daterait de la fin du XVIIIe et serait apparu en Italie, même si une consommation à un stade jeune est attestée à l’époque précolombienne.
La culture de la forme grimpante du haricot à écosser sec a suivi le développement de la culture du maïs dans le sud de la France, Occitanie et Nouvelle Aquitaine, où l’association haricot-maïs a été reconstituée. L’apogée de ce système de culture en France se situe à la fin du XIXe siècle, et tout particulièrement dans la plaine de Tarbes, où il était classique de semer un grain de haricot à la base de deux pieds contigus de maïs.

Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, la consommation des haricots secs a particulièrement régressé en France, mais connaît un regain d’intérêt, notamment depuis l’amplification du discours pro-légumineuses. La tradition de la co-culture « haricot-maïs » est maintenue pour le « haricot tarbais » grâce à une Indication géographique protégée (IGP) garante d’une qualité et d’un savoir-faire liés à son origine géographique et au travers du Label rouge, qui garantit une qualité supérieure par rapport aux produits similaires commercialisés