Jardin botanique Val Rahmeh : 150 bougies et 1 800 espèces
« Un bel exemple de l’art du jardin à l’anglaise » : tel est présenté le jardin botanique Val Rahmeh* à Menton qui fête, en cette année 2025, ses 150 ans.
Il est le fruit d’une longue histoire depuis la création du domaine où il se trouve.
Ce jardin offre aujourd’hui un écrin de choix à la diversité végétale méditerranéenne, subtropicale et tropicale. « Un trésor de la Riviera à la végétation exceptionnelle ! »

À l’origine, Val Rahmeh est un mas entouré de terres agricoles où l’on cultive des plantes méditerranéennes », indiquent les gestionnaires du jardin. Après plusieurs propriétaires successifs qui restaurent, embellissent et agrandissent le domaine, Val Rahmeh est acheté en 1957 par May Sherwood Campbell, une Anglaise fortunée, botaniste de formation : « Elle multiplie les achats et les échanges de plantes, notamment d’espèces rares ou spectaculaires, en provenance de tous les continents. » Hélas, sa situation financière dégradée l’oblige à vendre, en 1966, la plus grande partie du domaine. Mais pas question qu’il passe entre les mains de promoteurs immobiliers ! Elle sollicite l’État qui, finalement, s’en porte acquéreur et en confie la gestion au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).


Labellisé EcoJardin
Cette année d’anniversaire des 150 ans est « une date symbolique qui nous donne l’occasion de valoriser ce trésor de la Riviera à la végétation exceptionnelle mais aussi d’en souligner l’engagement au service de la protection de sa flore unique », précise Gilles Bloch, le président du Muséum national d’Histoire naturelle.
Dans un environnement méditerranéen, avec vue sur la mer depuis la terrasse de la villa, le jardin Val Rahmeh abrite une remarquable palette végétale : 1 800 espèces, des variétés méditerranéennes, mais aussi tropicales et subtropicales.
Labellisé EcoJardin, Val Rahmeh a mis en place des pratiques de culture respectueuses de l’environnement, économes en eau, en énergie et favorables à la biodiversité. Un suivi de la faune est aussi assuré, notamment des insectes ravageurs qui menacent certaines espèces végétales. Une gestion et une veille qui se révèlent essentielles en raison des effets du réchauffement climatique.


La Dame aux daturas
L’intérêt de May Sherwood Campbell pour le genre Brugmansia (Datura) de la famille des Solanacées d’Amérique du Sud, lui vaudra d’être surnommée « la Dame aux daturas ».
« Val Rahmeh n’est pas seulement un site remarquable apprécié des visiteurs par sa beauté et sa richesse botanique. Il est aussi un patrimoine scientifique inestimable et joue un rôle de laboratoire à ciel ouvert pour les chercheurs qui travaillent quotidiennement à la surveillance et à la conservation de cette flore luxuriante. »


Source : Jardin botanique Val Rahmeh
* Le nom de « Rahmeh » provient du nom de jeune fille de l’épouse de Sir Percy Radcliffe, ancien gouverneur de Malte, qui a racheté le domaine en 1905.
UN JARDIN CONSERVATOIRE
Une des missions du jardin Val Rahmeh consiste à favoriser la diversité génétique tout en assurant la conservation d’espèces menacées, rares, voire disparues dans leur habitat naturel. Parmi les 1 800 espèces présentes, on dénombre plus d’une centaine d’espèces classées dans la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) : 80 espèces menacées, 38 vulnérables, 30 en danger, onze en danger critique, une éteinte à l’état sauvage, le Sophora toromiro, une espèce d’arbuste endémique de l’île de Pâques.
Jardin botanique Val Rahmeh-Menton
Avenue Saint-Jacques
06500 Menton
www.jardinbotaniquevalrahmehmenton.fr