Le Jardin Arable à l’institut du monde arabe

En 2016, Jack Lang et Claude Molard lancent l’idée d’une exposition sur le thème des Jardins d’Orient dont ils confient le projet à Sylvie Depondt, qui a déjà réalisé cinq jardins éphémères sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. L’équipe des concepteurs du jardin, installé sur la dalle pour illustrer le propos, comportait l’anamorphiste François Abelanet. Il me revenait la lourde tâche de rendre ce jardin vivant.

La trame fédératrice fut déformée, maltraitée mais animée par la magie de l’anamorphose visible du haut d’un belvédère. La forme régulière réapparaissait © Chiara Santini

Il fallait partir d’une trame (signée Nouvel/Archistudio), dessinée sur la dalle de granit sur béton, autorisant peu de charge et ne jouer que sur des apports. La théorie testée : « Ne jamais parler d’intégration car le paysage est un système sensible. » La solution à expérimenter : comment un énorme objet « incongru » va-t-il « devenir jardin » et « faire jardin », non pas intégré mais intégrant ? « L’intégrance », néologisme inventé pour l’occasion pour remplacer la notion d’intégration, avec l’arrivée dans l’équipe de conception de l’artiste François Abelanet, « anamorphiste ». Vision du jardin offrant une image qui illustrait l’éternité.

L’œuvre fut intégrante car elle servit aussi à créer des salons abrités de la chaleur, si nécessaires à la vie du jardin © M. Pén

En ajoutant un « verger cultivé », la simple fonction esthétique et symbolique est devenue utilitaire et je le dénommai « jardin arable » en hommage à l’invention de l’araire et du croissant fertile, origine des jardins d’Orient (certains crurent que j’avais commis une faute d’orthographe)…

* www.francois-abelanet.com

Une trame dessinée sur la dalle de granit sur béton, autorisant peu de charge © M. Péna