Jardin La Boulaye, la renaissance d’un vallon

Jean-François Coffin

Le jardin La Boulaye est le fruit d’un rêve que Véronique de Laboulaye partageait avec son mari Rodolphe. Mais peut-on vraiment parler de jardin ou de parc quand il s’agit de la composition d’un véritable paysage à partir d’un vallon abandonné à la friche ? Situé sur la côte sauvage de Belle-Ile-en-Mer, il a obtenu le prix 2011 du « Jardin de l’année » décerné par l’AJJH, association des journalistes du jardin et de l’horticulture.

La Boulaye - © J. F Coffin

Les villageois les prirent un peu pour des fous lorsque les Laboulaye acquirent  le vallon de Pouldon. Envahi par les ronces, la végétation sauvage, il ne restait plus grand-chose de ce que l’homme avait façonné les siècles précédents. Si la première étape a été de construire la maison, aussitôt après, en 1993, commence la reconnaissance topographique du site de six hectares. Puis le dégagement progressif du terrain qui mena de découvertes en découvertes. Bien vite, la population locale apporte sa contribution en rassemblant les souvenirs des ancêtres et permettant de donner une histoire aux espaces dégagés. Si Rodolphe et Véronique ont pris le parti de faire revivre des vestiges du passé, leur volonté a aussi été de créer un paysage à leur goût. Petite visite guidée en images … Une terrasse est aménagée devant la maison (1). Alors que les roses anglaises garnissent les façades, le jardin aromatique est dessiné par des carrés de santoline et des cônes de lauriers. Des haies de végétaux sont placées en limites du domaine pour le protéger du vent (2), tandis que parmi les arbres sont ouvertes des « fenêtres » pour admirer la perspective du vallon (3). « Le défrichage est devenu un déchiffrage d’un passé agricole », souligne Véronique de Laboulaye qui présente, à droite (4), la pièce d’eau mise à jour et reconnue par une habitante comme le lavoir où sa mère allait faire la lessive. A gauche (5), le « chemin du facteur » découvert par hasard au cours des travaux.

1La Boulaye - © J. F Coffin2La Boulaye - © J. F Coffin3La Boulaye - © J. F Coffin


4La Boulaye - © J. F Coffin 5La Boulaye - © J. F Coffin


L’eau est omniprésente et domestiquée. Quatre étangs sont creusés, des drainages réalisés dans les zones humides, des ouvrages en pierre sont construits sur les passages des ruisseaux (6) et (7). La créativité des propriétaires et leur amour de l’art tient toute sa place dans le vallon. A gauche (8), un œuf de pierre imaginé par Rodolphe de Laboulaye et réalisé par un artiste local. A droite (9), la statue de la « Grande coquette » qui tourne au gré du vent.Les arbres existants sont dégagés : saules, ormes, peupliers, chênes, cyprès (11) et même un châtaignier. Les traces du passé ont été conservées et restaurées, tels les murets de pierre. De même que la végétation locale comme les osiers est replantée, rappelant celle qu’utilisaient les anciens pour la confection de paniers, manches de pioches,… (12 et 13). Genêts, ajoncs et épines noires sont omniprésents. Si le débroussaillage en a éliminé une partie, une autre a été « domestiquée », comme pour la réalisation du labyrinthe en sept cercles d’ajoncs dont le dessin est inspiré de celui du pavement de la cathédrale de Chartres. (14 et 15) Au-delà de la réhabilitation d’un site modelé autrefois par l’agriculture, Véronique et son mari ont procédé à une véritable création de paysage en ajoutant chemins, escaliers, pièces d’eau, plantation de végétaux tout en conservant les plus remarquables déjà en place. Aujourd’hui, Véronique poursuit l’œuvre entamée avec son mari disparu. Tout en continuant le défrichage, elle crée des scènes nouvelles. Le jardin arrivé à maturité est ouvert au public auquel elle se fait une joie de raconter son histoire.

6La Boulaye - © J. F Coffin7La Boulaye - © J. F Coffin8La Boulaye - © J.F Coffin9La Boulaye - © J.F Coffin

10La Boulaye - © J.F Coffin 11La Boulaye - © J.F Coffin 12La Boulaye - J. F Coffin13La Boulaye - J. F Coffin

 

14La Boulaye - © J.F Coffin 15La Boulaye - © J.F Coffin

Véronique de La Boulaye - © J.F Coffin

Jardin La Boulaye
Le Grand Cosquet, 56360 Locmaria
(Belle-Ile-En-Mer)
Visite sur rendez-vous auprès de Véronique de Laboulaye
Tél. 02 97 31 76 09 – e-mail : rev2val@club-internet.fr

 

 

Les végétaux de La Boulaye

Le jardin La Boulaye présente une variété de végétaux impressionnante. En voici une liste non exhaustive :

Arbres remarquables : Cyprès Lambert, saules Marsault façonnés par le vent.
Arbres d'alignement : Bambous, Saules, Oliviers, Acacias, Mimosas, Sureaux, Pins parasol, d'Alep, maritimes, Chênes verts.
Arbres fruitiers : Pommiers, Figuiers, Poiriers, Pruniers, Pêchers de vigne.
Arbustes : Ealeagnus, Pittorsporums, Genêts, Céanothes, Ajoncs, Arbousiers, Viburnums, Teucrium, Tamaris, Fusains, Prunelliers.
Plantes vivaces : Blé bleu, Hortensias, Erigeron, Roses, Bruyères, Cistes, Agapanthes, Asphodèles, Agaves, Yuccas, Aloès, Scylles du Pérou, Rhododendrons, Iris, Véroniques, Camélias, Romarin, Santolines.

Source : Comité des jardins de France

 

Par ailleurs, la terrasse de roses anglaises est composée des variétés Sharifa Asma, Brother Cadfael, Golden celebration, Charlotte, Rodio Times, St Cecilia, Evelyn, Eglantyne.

janvier-février 2013

 

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