À la découverte du bonzaï

Agnès Guillaumin

Un bonsaï est une miniaturisation de l’arbre qu’il serait devenu dans la nature, représentant sa forme bien sûr mais aussi sa force, sa vigueur, son aspect changeant au fil des saisons… une réalité très éloignée de l’image des petits arbres rabougris et souffreteux ! C’est aussi un art millénaire, mais accessible à tous, que nous font découvrir Isabelle et Rémy Samson, les pionniers du bonsaï en France.

Paysage tourmenté, les ficus, l'eau et les roches... © Agnes GuillauminL’histoire du bonsaï s’enracine en Orient, en Chine d’abord, puis et surtout au Japon qui l’a codifié et lui a conféré ses lettres de noblesse. En Asie, les bonsaïs accompagnent toutes les fêtes importantes. En France et en Europe, cet art ancestral serait plutôt affaire d’initiés. Certes, il est désormais possible de trouver des bonsaïs peu coûteux, mais s’agit-il de « vrais » bonsaïs : l’espérance de vie de ces petits arbres, souvent disponibles à bas prix, est en effet très aléatoire et ternit beaucoup la réputation des véritables bonsaïs. Isabelle et Remy Samson,  qui ont consacré leur vie aux bonsaïs, sont formels : « Un bonsaï est similaire à l’arbre qu’il serait devenu à l’état spontané. C’est un arbre heureux de vivre et qui ne souffre pas. D’ailleurs, les bonsaïs vivent en général plus longtemps que la même espèce dans la nature ».
 

Comment « naît » un bonsaï ?

Un grand nombre de fausses idées circulent. Certains pensent qu’il s’agit d’une variété ou même d’une transformation génétique. Il n’en est rien. Il n’y a pas de variétés ni de graines pour produire un bonsaï. Ainsi la miniaturisation provient uniquement d’une adaptation de la plante aux conditions de culture et à la taille. La preuve ? Si un bonsaï est replanté en pleine nature, les feuilles vont reprendre leur taille initiale.
 

 

 

Prélèvement dans la nature : strictement interdit !

Les arbres qui poussent naturellement sur des rochers ou dans un milieu hostile réduisent le volume de leurs racines et de leurs branches. Il serait tentant de les prélever pour les replanter en tant que bonsaï. Non seulement c’est interdit mais en général, l’opération est vouée à l’échec. « On assiste à un saccage du milieu naturel et, de plus, l’arbre meurt au bout de 2 ou 3 ans, voire plus tôt », explique Isabelle Samson. Les spécialistes asiatiques qui prélèvent les spécimens dans la nature le font en plusieurs étapes. Ils cerclent les racines sur plusieurs années avant de le prélever. De même, pour un débutant, il est long et difficile de former un bonsaï à partir d’un semis. Pour Isabelle Samson, le plus simple et le plus accessible pour un néophyte est d’acquérir un bonsaï jeune, déjà formé et miniaturisé.

 

La composition végétale et minérale recrée un paysage © Agnes GuillauminLe bonsaï aujourd’hui ?

Dans l’art du bonsaï, l’homme entretient un rapport très étroit avec son arbre qui lui procure sérénité et bien-être. L’arbre vous rendra au quintuple tout ce que vous lui donnerez. Une occupation très contemporaine aussi … « Passer quelques minutes chaque jour à s’occuper de son bonsaï permet de se régénérer », ajoute Isabelle Samson. « Un bonsaï réussi est un monde miniature dans lequel il est fascinant et agréable de se projeter… ».



 


Quelle espèce choisir ?

Toutes les plantes ligneuses ou vivaces peuvent être miniaturisées. Les espèces à petites feuilles seront plus faciles et plus rapides à former. A l’inverse, certaines espèces de lianes comme la glycine resteront longtemps frêles avant de former un beau sujet. Le choix dépend surtout de l’endroit où il sera installé. Il existe des bonsaïs d’extérieur et des bonsaïs d’intérieur, et il est essentiel d’en tenir compte. La plupart des bonsaïs ont dans tous les cas besoin de lumière. L’emploi d’une lampe photosynthétique adaptée est souvent recommandé en appartement. Pour Remy et Isabelle Samson, la culture d’un bonsaï demande certes au départ des conseils d’un spécialiste mais ensuite, elle n’est pas plus difficile que celle d’une plante d’appartement.

Chaque pousse est travaillée et retaillée manuellement © Agnes Guillaumin

CINQ REGLES D'OR
• Arroser et laisser l’eau s’écouler ;
• Protéger si besoin du gel et du plein soleil ;
• Renouveler la terre comme dans la nature ;
• Apporter un engrais équilibré de type 6 6 6 ;
• Choisir un pot adapté à la forme des racines : superficielles ou plus profondes.

 



 


 




 

 


Dix bonzaï coups de coeur

- Le Malus Everest*, le pommier, pour sa floraison et ses fruits décoratifs.
- L’Acer palmatum*, les érables pour leurs feuillages aux coloris chatoyants.
- L’Ulmus parviflora, ses petites feuilles le prédestinent à l’art du bonsaï.
- Le Ficus retusa, le figuier Banyan, facile et fort apprécié pour ses racines aériennes.
- Le Ficus religiosa, le figuier des Pagodes, pour sa forme et sa culture simple.
- Le Podocarpus macrophyllus, le pin des Bouddhistes, l’un des rares conifères d’intérieur.
- L’ Eugenia uniflora, le cerisier de Cayenne donne des fruits comestibles qui étanchent la soif du voyageur.
- Le Metrosideros villosus, le bois de fer produit des fleurs rouges très décoratives.
- Le Zanthoxylum piperitum, le poivrier du Japon, petit arbre élégant aux baies colorées.
- Le Murraya paniculata, le bois jasmin, au parfum remarquable et fruits décoratifs.

*Seuls les Malus sp. et les Acer sp. se cultivent en extérieur toute l'année.

 
Rémy et Isabelle Samson © Agnes Guillaumin
Rémy et Isabelle Samson importent, cultivent et vendent des bonsaïs depuis 40 ans.

Leur établissement abrite aujourd’hui près de 10 000 sujets, tous uniques. Ils proposent également des cours, des ateliers et des stages.

Musée du Bonsaï 25 rue de Chateaubriand 92290 Chatenay-Malabry Tél. 01 47 02 91 99 http://www.lebonsai.com/store

 

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